• Antoine Couvreur

Les 3 différences entre DéFI et Ecolo

Qu’est-ce qui différencie Défi d’Ecolo ? Objectivement, il y a beaucoup de points de convergence entre les 2 programmes. Selon moi au-delà des propositions, c’est dans la réalisation des politiques que ces deux partis diffèrent le plus.


Une vision claire

Défendre une vision claire est un élément indispensable afin de fixer des priorités, allouer des budgets et évaluer les résultats d’une politique. DéFI réfléchit toujours à se fixer un cap stratégique avant d’en découler des propositions pour le réaliser. Ecolo par contre a tendance à se contenter de bonnes intentions. Voici un exemple concret avec l’enjeux de la mobilité :

  • DéFI défend depuis sa création une vision de Bruxelles aménagée pour ses habitants. Concrètement, cela signifie consacrer plus d’espace public aux piétons et à la mobilité douce. Vu les contraintes urbaines bruxelloises, cela signifie moins d’espace pour les transports en commun et les voitures. La solution passe donc par la création de nouvelles lignes de métros souterraines et le réaménagement des autoroutes de pénétration à Bruxelles en boulevards urbains.

  • Pendant les 10 années où Ecolo a été en charge de la mobilité à Bruxelles, le manque de vision a été flagrant : développement du métro Nord mis en suspens, peu d’aménagements de pistes cyclables et tunnels automobiles non-entretenus. Aujourd’hui la vision se montre toujours contradictoire : les rues étroites de Bruxelles devraient consacrer plus d’espace à la fois aux transports en commun, aux cyclistes et aux piétons. Ce non-choix empêche d’entreprendre des actions concrètes.


Des promesses tangibles

De cette vision doit découler des propositions tangibles pour que les citoyens puissent juger comment les politiques vont réaliser leurs ambitions. Ecolo a fait un programme de 109 pages seulement (toutes élections confondues) là où le programme de DéFI tourne autour des 500 pages. Certes la quantité ne fait pas la qualité, mais le manque de précisions permet d’entretenir le flou sur une série de sujets. Prenons l’exemple de la simplification des institutions à Bruxelles :

  • DéFI veut diminuer le nombre de députés bruxellois de 89 à 49, avec la suppression de la représentation garantie et le retour à un système purement proportionnel. Le projet est clair et on peut facilement évaluer sa concrétisation.

  • Ecolo prône une seule assemblée et un seul gouvernement régional mais ne détaille pas son projet davantage (à part la possibilité de listes bilingues au parlement bruxellois). Comment doit-on interpréter la promesse d’une seule assemblée donc ? Est-ce que ça signifie la fin du système électoral distinguant francophones et néerlandophones ? Une diminution du nombre de députés ?

Une exécution rigoureuse

Enfin, il faut faire preuve d’inventivité et de persévérance pour réussir à atteindre ces objectifs. DéFI ose impliquer directement les acteurs concernés dans la réalisation de ses politiques, augmentant ainsi l'impact de ses mesures. Ecolo par contre ne s'est pas montré aussi créatif dans sa gestion des responsabilités. Ci-dessous quelques exemples du bilan de ces deux partis :

  • Avec le lancement du Programme Régional d’Économie Circulaire (PREC) en 2016, DéFI a fait de Bruxelles une région pionnière en la matière. 8,3 millions d’euros ont financé près de 139 idées d’entreprises via l’appel à projets « Be.Circular ». Sur le sujet de l’économie sociale, les deux gouvernements précédents se sont cassé les dents. Aujourd’hui DéFI a contribué à l'essor de ce secteur grâce à des appels à projets: le nombre d’emplois dans le secteur a augmenté de près de 20% depuis 2014.

  • Quand Ecolo a été au pouvoir à Bruxelles, les verts n’ont pas été au bout de leur projet de zone de basse émission à Bruxelles. On aurait pu gagner quelques années niveau qualité de l’air à Bruxelles ! C’est le gouvernement actuel (PS-DéFI-CDH) qui l’a finalement adoptée. Le lancement d’une monnaie locale bruxelloise a aussi été un échec alors qu’aujourd’hui une initiative citoyenne similaire a le vent en poupe. La concrétisation des idées est malheureusement tout aussi importante que les idées elles-mêmes.

Si vous avez des remarques sur cet article ou si vous êtes curieux de lire d’autres exemples, n’hésitez pas à me contacter !

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